Les femmes célèbres 1

 TETISHERY

Tétishéry est une Reine de Thèbes de la XVIIe dynastie. Elle est la fille de Tienna (ou Tjenna) et Néfrou (ou Neferu) qui  n'était pas titulaire d'élite héréditaire. Elle est choisie en dépit de sa non descendance royale par le Roi Senakhtenrê (ou Taâ I, 1559-1558) qui en fait sa Grande Epouse Royale. Elle est la mère ou la grand-mère de Kamosé (1553-1549) et la grand-mère d’Ahmosis, 1549-1525, le fondateur de la XVIIIe dynastie, qui libérèrent le pays des Hyksôs. Elle est également la mère de Iâh-Hotep. Les détails de la vie de Tétishery sont assez mal connus et la plupart des conclusions avancées par les spécialistes sont de l'ordre de la spéculation ou du peu que l'on a pu tirer de la stèle monumentale d'Abydos érigée à son nom.

Statuette représentant la reine. Musée du Caire

Tétishery vécu environ soixante-dix ans, jusque sous le règne de son petit-fils, auquel elle est associée sur une stèle où l'on voit Ahmosis faire des offrandes à la Reine. Senakhtenrê va accorder à Tétishery beaucoup de privilèges comme jamais précédemment il a été donné à une Reine. Elle est reconnue par décret pour ses services rendus à l'Égypte pendant la période de trouble que traversa le pays lors de la reconquête contre les Hyksôs. En effet, elle a joué un rôle important dans le maintien de l'ordre à la cour de Thèbes.

Ahmosis lui offrit une tombe prestigieuse, découverte en 1902, ainsi qu'une chapelle cénotaphe à Abydos au milieu de son propre complexe funéraire. Cette structure en briques contenait une stèle monumentale détaillant le dévouement d'Ahmosis pour Tétishery. Aucun tombeau à Thèbes ne lui a encore été identifié d'une manière concluante.

Stèle représentant la reine. Musée du Caire

 

IAH-HOTEP

Pendant plus de deux siècles, de 1785 à 1570 av.j.-c, les hyksos occupèrent le nord de l’Egypte. Les égyptologues baptisèrent cette époque «deuxième période intermédiaire ».les hyksos furent des barbares cruels et destructeur. Ils se plièrent au mode de vie égyptien, avec l‘espoir de s’imposer à la longue. Quoi qu’il en soit ils ne devinrent pas populaires.

Peu avant 1570 ; la situation se modifia. Une femme exceptionnelle, Iâh_Hotep, ne toléra plus cette mainmise étrangère qui ruinait l’Egypte et décida de tout mettre en œuvre pour la libérer.

Sarcophage appartenant à la reine. Musée du Louvre

Fille du roi Taâ Ier et de la reine Tétishéri qui fut peut être la première à prôner la reconquête, Iâh_Hotep porta un nom significatif : la reine annonce son programme politique : d’abord la guerre (Iâh), ensuite la paix (Hotep).

Iâh-Hotep est une thébaine. Thèbes, petite cité du sud de l’Egypte, fédère les résistants ; et c’est le mari de la reine, le roi Séqenenrê, qui prend la tête de l’armée de libération et se lance à l’attaque des Hyksos.

Nous ne connaissons ni le nombre de soldats engagés dans l’action, ni les épisodes du conflit ; mais il se termina par la mort de Séqenenrê.

Iâh_Hotep est veuve. Mais il lui reste deus fils, Kamosis et Ahmosis. La reine insuffla à Kamosis la volonté de suivre l’œuvre de son père et de continuer la guerre.

Kamosis remporta plusieurs victoires, mais ne parvint pas à s’emparer de la capitale fortifiée des Hyksos, Avaris.

Lorsque Kamosis disparut de la scène, le deuxième fils d’Iâh-Hotep n’était âgé que d’une dizaine d’années. La reine assuma donc la charge du pouvoir sur un territoire de plus en plus vaste, sans perdre de vue le but final : la libération totale de l’Egypte.

Dès qu’il fut en âge de commander et de combattre, Ahmosis repartit pour le nord, avec la ferme intention de s’emparer d’Avaris et d’expulser définitivement les Hyksos hors d’Egypte.

Collier orné de trois mouches d'or provenant du tombeau de la reine. Musée du Caire

On imagine la joie d’Iâh-Hotep lorsqu’elle apprit la chute d’Avaris. Son mari était mort au combat, son fils aîné Kamosis avait rendu l’âme avant la victoire finale, son deuxième fils ; Ahmosis venait de libérer l’Egypte et de réunifier les deux Terres. Il devint le premier pharaon d’une nouvelle dynastie, la dix-huitième.

Jusqu’alors, la grande ville de l’Egypte des pharaons était Memphis ; implantée à la jonction du delta et de la vallée du Nil. Capitale fondée par l’illustre Djeser, Memphis n’avait pas de rivale. Sous l’impulsion d’Iâh-Hotep, Thèbes devint la capitale d’une Egypte libre, de nouveau maîtresse de son destin.

Femme énergique et vigoureuse, Iâh-Hotep mourut octogénaire vénérée par la cour comme par le peuple. Son fils Ahmosis, présida aux cérémoniesfunéraires ; la reine fut inhumée dans un tombeau de Dra Abou el-Naga, un secteur de la nécropole de Thèbe.

 

 AHMES-NEFERTARI

 Souveraine des deux terres, Ames-Néfertari fut elle aussi une sorte de pharaon, elle survécut à son mari le pharaon Ahmosis
 qui régna de 1570 à 1546 av J-C. Elle fût associée à tous les actes majeurs de son règne et fût régente du royaume pendant l’enfance d’Aménophis I et mourût âgée après le couronnement et le début du règne de Thoutmosis I vers 1518 av J-C. Avec elle, nous sommes en présence de l’une des reines extraordinaires dont l’Égypte avait le secret.

Statuette en bois représentant la reine. Musée du Louvre

Etait-elle issue d'un milieu modeste, comme tendrait à le prouver une inscription? Rien d'impossible, car la fortune et la "noblesse" n'étaient pas en Egypte ancienne, des critères impérieux pour choisir une reine.Ahmès-Néfertari naquit probablement à Thèbes et y fut élevée.

Comme certain nombre de reines, elle exerça le pouvoir pendant plusieurs années, alors qu'Amenhotep Ier, le premier des pharaons incluant dans son nom celui d'Amon, était encore trop jeune pour assumer sa tâche.Ahmès-Nefertari fut l’auteur d’innovation remarquable dont les conséquences seront encore perceptibles plusieurs siècles après sa disparition.

Ahmès-Néfertari-plâtre peint de la tombe de Nebamun et Ipuki-Kestner Museum-Hanovre

Ahmosis éprouvait une vive admiration pour sa grand mère Tétishéri, il souhaita que sa mémoire fût dignement honorée et recommanda à sa grande épouse Ahmès-Nefertari d'y veiller. Le couple royal voua un culte à Tétishéri et en proclamant l'importance, parce qu'il la considérait comme l'ancêtre d'une nouvelle dynastie qui devait redonner à l'Egypte sa splendeur passée.

La mort de la grande reine, au milieu du règne de Thoutmosis Ier, vers 1524 av. J-C., fût un événement considérable. Elle avait tant marqué son temps et les esprits que son souvenir ne s'effaça pas. Environ soixante-dix scarabées à son nom, des stèles amovibles sur lesquelles elle est représentée, des statuettes à son effigie, des quantités d'objets rituels comme les sistres qui lui sont dédiés, ainsi qu'une cinquantaine de peintures dans les tombes thébaines...cette accumulation de témoignages prouve l'existence d'un véritable culte en l'honneur d'Ahmès-Néfertari.

Ahmès-Néfertari fut considérée comme la sainte patronne de la nécropole thébaine et bénéficia, pendant plusieurs décennies, d'une grande popularité. Cette ferveur étant dû à sa préoccupation de l'entretient des tombeaux et qu'elle eu l'idée, concrétisée par Thoutmosis Ier, de crée une confrérie chargée de la construction et de la restauration des demeures d'éternité.

Plusieurs peintures ou statues de la grande reine nous la représente de couleur noire! Ahmès-Néfertari était-elle d'origine nubienne? La découverte de sa momie retirée de son tombeau offrit une certitude: Ahmès-Néfertari était morte âgée et avait la peau blanche. Elle incarne l'idée de la régénération, par lequel passe l'âme pour revivre dans l'au-delâ. Le noir, couleur du dieu Anubis à tête de chacal, chargé de conduire les réssuscités.

Sa momie fut introduite dans un énorme sarcophage et déposé dans une tombe de Thébes-Ouest à Dra Abou El-Neggah, une autre vie commença pour la reine dans l'au-delâ.

Momie de la reine

 

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