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Les femmes célèbres

 Les femmes célèbres

 

Les premiers grecs qui visitèrent l’Egypte furent choqués par l’autonomie accordée aux femmes.Des égyptiennes occupèrent les plus hautes fonction de l’état. La femme et l’homme etaient égaux en droit et en fait. Cette égalité entre homme et femme s’imposa d’emblée comme une valeur fondamentale de la société pharaonique. Les femmes égyptiennes bénéficièrent de conditions de vie bien supérieures à celles que connaissent, de nos jours, des millions de femmes. Impossible, en effet, d’imaginer une femme pape, grand rabbin ou recteur d’une mosquée, alors que bons nombres d’égyptiennes occupèrent le sommet de hiérarchies sacerdotales, médecin ou de pouvoir.

MERNEITH

Merneith (ou Meryt-Neith ) est une Reine d'Égypte de la Ière dynastie. C'est l'une des personnes les plus litigieuses de la période archaïque. L'égyptologue Jean-Philippe Lauer la situe comme fille d'Horus Djer (2974-2927). Manéthon indique que la Reine Herneith, dont on attribue la tombe S3507 à Saqqarah, serait la mère de Merneith. Cette idée qu'elle fut la fille du Roi Horus Djer et de la Reine Herneith, est largement reprise aujourd'hui par les spécialistes.

Merneith à un seul enfant connu avec le Roi Horus Djet, un fils Horus Den (ou Oudimou) qui succéda à son père (2914-2867).

Merneith aurait été à la fois une demi-sœur et une compagne du Roi, une Régente, et, éventuellement, le cinquième "Roi" de la dynastie. Un sceau qui fut mis au jour dans la tombe de son fils Horus Den (2914-2867) à Abydos, nous confirme que "L’aimée de Neith" est l’épouse et la demi-sœur d'Horus Djet (2927-2914). La position exacte que Merneith a tenue dans cette dynastie est donc fortement contestée.

Seal den

Il est largement reconnu que Merneith possède une énorme quantité de pouvoir et d'influence en son temps, mais il y a un débat académique sur la façon dont elle exerçait cette puissance. La question est de savoir si elle était un "Régent" ou un "Roi". Dans les deux cas, elle a cumulé plus de pouvoir que toutes autres femmes Égyptiennes dont les données nous sont connues. Son tombeau même ainsi que la stèle qui fut retrouvée à l'extérieur fit d'abord pensé qu'elle appartenait au règne d'un Roi inconnu de la dynastie.

Son mari, Horus Djet (2927-2914) pourrait avoir trouvé la mort après un règne de dix ou quinze ans. Ce qui explique que son fils Horus Den, étant sûrement trop jeune pour prendre le trône. Les preuves pour appuyer le fait que Merneith fut élevée au rang de "Roi" sont très rares. Seule la stèle peut faire penser qu'elle était une personne d'un statut assez comparable à celui d'un Roi.

La Reine fut enterrée avec les honneurs traditionnellement offerts aux Rois à cette époque. Il était de coutume pour les souverains d'avoir deux monuments funéraires, le premier étant la tombe et le second agissant comme un lieu de culte, Merneith eut les deux : Un dans la nécropole d'Oumm el-Qaab à Abydos et l'autre à Saqqarah (tombe S3503). Jusqu'à présent la Reine est la seule femme connue de cette dynastie, à avoir été mise à l'honneur avec deux monuments funéraires.

La présence d’une tombe (Y41) pour elle toute seule, érigée près de celle de son époux Horus Djet, à Oumm el-Qaab, peut faire penser à un règne personnel de cette Reine. Surtout que normalement la nécropole d'Oumm el-Qaab était réservée pour les sépultures des Rois.

Fragment de stele au nom de merneithMerneith possédait deux stèles à son nom et sa tombe était entourée par de nombreux tombeaux où des fonctionnaires et domestiques, sûrement sacrifiés, furent enterrés en même temps qu'elle. Cela indique que la Reine était reconnue comme un Être suprême avec une puissance divine. Tout ce personnel était sensé l'aider dans l'au-delà et c'était une pratique coutumière dans les enterrements des premiers souverains de la Ière dynastie.

Un grand nombre d'animaux sacrifiés furent enterrés dans son complexe, c'était là aussi un honneur accordé aux Rois. À l'intérieur de sa tombe les archéologues ont découvert une barque solaire qui permettrait son voyage avec le Dieu du soleil dans l'au-delà. Le voyage en barque solaire après la mort était estimé remplir le destin sacré et était de ce fait aussi réservé aux souverains.

Un sceau fut mis au jour dans la tombe "T" d'Oumm el-Qaab, à Abydos, de son fils Horus Den. Le Sceau comprend une liste des souverains de la Ière dynastie, le nom de Merneith était le seul nom de femme inscrit sur la liste. Si elle n'avait été que Régente son nom n'aurait pas figuré, car les Reines avant elle qui ont exercé cette fonction ne sont pas indiquées. Tous les noms figurant sur la liste avaient le signe du faucon (Horus), le symbole d'un Roi. Ce symbole pour une femme étant inacceptable, le nom de la Reine est précédé par un vautour blanc symbolisant la Déesse Nekhbet, représentante de la Haute-Égypte. Nekhbet, était aussi la protectrice de la royauté et de ce fait était présente sur la couronne des souverains.

Le nom de la Reine apparaît aussi sur des objets façonnés, dont une magnifique statuette, sous la forme masculine et féminine. Cependant, où qu'il soit inscrit, il n'est pas dans un Sérekh

Son état de Reine "régnante" n'a jamais été accepté ou reconnu, contrairement à d'autres Reines comme Nitocris (2151-2150), Sobeknéferourê (1787-1783), Hatchepsout (1479-1457), ou même Cléopâtre VII Théa Philopator (51-30).

Le monument funéraire dédié à Merneith à Saqqarah (tombe S3503) fut trouvé avec ceux de cinq autres Rois de la même période. Son tombeau (Y41) d'Abydos est proche de celui de son époux Horus Djet. C'est l'un des tombeaux les plus grands du site : 16,50 m. x 13,90 m. sur 2,70 m. de hauteur pour ses dimensions extérieures, et l'un des plus raffinés de cette époque construits dans la nécropole royale. La tombe contenait une grande chambre dont les parois de l'infrastructure étaient recouvertes de briques crues. On y trouve huit petits magasins étroits entourant la chambre funéraire. Il contenait une partie du mobilier funéraire. On y a trouvé de nombreux bocaux scellés. Le plafond de cette dernière était en bois. C'est dans la chambre funéraire que fut mise au jour la stèle de la Reine. Sa tombe proprement dite est entourée de 41 tombes secondaires.

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HETEP-HERES

Fauteuil en bois trouvé dans le tombeau d'Hétep-Hérès-Musée du Caire Hétep-Hérès est une Reine d'Égypte de la IVe dynastie. Elle est la fille du Roi Houni, malgré le fait qu'elle ne semble jamais avoir eu le titre de "Fille du Roi". Elle épouse son demi-frère le Roi Snefrou et donne ainsi légitimité à son accession au trône. Hétep-Hérès  aura deux fils et une fille avec Snéfrou.

  • Khoufou. (ou Khéops, 2551-2528) qui succédera à son père.
  • Kaouâb I. Il est assassiné peu après son mariage avec sa sœur (ou nièce) Hétephérès II.
  • Hétephérès. Elle n'est donnée comme fille d'Hétephérès I que par quelques spécialistes qui justifient leur approche par la similitude du nom.

La titulature de la grande dame nous renseigne sur ses taches rituelles : Mère de roi de Haute et de Basse-Egypte, compagne d’ Horus supérieure des bouchers de la demeure de l’acacia, pour laquelle est accompli tout se qu’elle formule, fille du dieu, de son corps, Hétep-Hérès. La demeure de l’acacia est liée au mystère de la résurrection, auquel furent associées toutes les reines.Coffret à bracelets d'Hétèp-Hérès-Musée du Caire

 Hétep-Hérès est surtout connu par la découverte de sa tombe inviolée, dirigée par l'équipe Américaine de George Andrew Reisner en février 1925 sur le plateau de Guizèh.

A 25m sous la surface du dol, se trouvait donc une sépulture secrète à laquelle nul pillard n’avait eu accès. La présence d’un sarcophage laissa espérer la découverte d’une momie, mais se dernier était vide. La tombe contenait une multitude d’objets les uns plus beau que les autres : de la vaisselle d’or, des fauteuils plaqués d’or, un lit et son chevet, des colliers, des coffres, des vases en cuivre et en pierre, des bracelets en argents incruster de pierre précieuses et bien d’autres trésors. La pièce la plus extraordinaire est sans doute la chaise à porteurs retrouvée en pièces détachées. Se trésor témoigne à lui seul, du raffinement de la cour de Snéfrou et de Khéops.

Les raisons de la disparition de sa momie sont encore aujourd'hui débattues. Il semble que ce soit une cachette qui est servie à sauver ce qui n'avait pas été pillé dans la tombe. La reine aurait été enterrée à l'origine dans un autre site. Parce que le site originel a été pillé et détruit, la momie et le reste du contenu auraient été transférés plus tard à la pyramide et le sarcophage aurait été scellé, pour cacher les preuves de l'absence de corps, par les membres de sa famille.

               
NITOCRIS
 

Représentation imagée de la reine Nitocris Ala mort du pharaon Pépi II, son successeur Mérenrê II régna à peine une année, c’est alors qu’entre en scène Nitocris, la première femme officiellement considérée comme pharaon. Son nom figure dans une liste royale composée par les Egyptiens eux-mêmes. Elle est la première femme à porter de manière formelle le titre de « roi de haute et basse Égypte ».

Nicotris monta sur le trône vers 2184 av J-C Elle règne, seule a la fin de la dynastie, après la mort de son époux MérenrêII. Elle gouverne à Memphis au cours d’une époque très troublée ou le pouvoir central est affaibli, au milieu des complots et des querelles de successions.

Elle régna deux ans, un mois et un jour. Malheureusement aucun document archéologique à son nom ne nous est parvenu.

Le règne de Nicotris fut le dernier de l’ancien empire, l’âge d’or de l’Égypte ancienne. Parmi l’histoire des dynasties rédigée par des auteurs de l’antiquité, il subsiste un fragment conservé dans un texte d’Eusèbe qui parle en ses termes du pharaon Nicotris :Sarcophage de Nitocris-Musée du Caire

« une femme Nicotris régna, elle avait plus de courage que les hommes de son époque et elle était la plus belle de toutes les femmes, elle, blonde aux joues roses »

La beauté de Nicotris fait songer aux titres que portaient les reines de l’ancien empire «  grande d’amour, au beau visage, ravissante, souveraine de charme, qui satisfait la divinité grâce à sa beauté » Il s’agit donc d’une beauté rituelle et d’un charme consubstantiel à la fonction de reine d’Égypte et à celle de reine pharaon.

Nitocris est donc peu connue et est entourée de légende. D'après l'une d'elle, elle aurait vengé son mari Mérenrê en noyant ses meurtriers dans une salle souterraine après un magnifique banquet auquel ils étaient invités, avant de se suicider elle-même en se précipitant dans une chambre pleine de cendres où elle étouffa, pour échapper à la vengeance des amis des assassins.

 

 SOBEK-NEFEROU

 

Buste de Sobek-Néférou-Musée du Louvre  Le moyen empire s’achève avec le règne d’une femme Sobek-Néférou qui régna de 1790 à 1785 av J-C. Sa présence historique est confirmée par de nombreux titres royaux et plusieurs monuments.

La durée exacte de son règne est inconnue, cinq ans pour les uns, trois ans, dix mois et vingt quatre jours pour les autres. Elle était peut-être la fille d’Amenemhat III et la sœur ou l’épouse d’Amenemhat IV son successeur. Sa venue au pouvoir ne précède aucun état de crise, elle fut intronisée pharaon et Horus féminin légitime et reconnu comme tel.

Il ne reste d’elle qu’une statue imposante en grès rouge ou seul subsiste le torse ; la tête, les bras et les jambes ont disparu. Cette œuvre identifiable grâce au cartouche à son non écrit enhiéroglyphe sur la ceinture.

Son nom fut également gravé sur un temple d’Hérakléopolis, sur le temple funéraire d’Amenemhat III et sur d’autres statues la représentant et provenant du delta. Son règne s’achève avec l’invasion des Hyksos vers 1785 av J-C. L'armée de Sobek-Néférou ne parvint pas à les repousser, ils finirent par s’installer dans le Nord du pays et contrôlèrent Memphis. Nous ignorons comment se déroulèrent les derniers jours du règne de Sobek-Néférou, Horus femelle, elle fut un authentique pharaon, considérée comme tel par les anciennes listes royales.

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 Egypte 44 

 TETISHERI

Statuette de pierre de Tétishéri-Musée du Caire Tétishéri) est une Reine de Thèbes de la XVIIe dynastie. Elle est la fille de Tienna (ou Tjenna) et Néfrou (ou Neferu) quiStèle représentant la reine Tétishéri-Musée Egyptien du Caire  n'était pas titulaire d'élite héréditaire. Elle est choisie en dépit de sa non descendance royale par le Roi Senakhtenrê (ou Taâ I, 1559-1558) qui en fait sa Grande Epouse Royale. Elle est la mère ou la grand-mère de Kamosé (1553-1549) et la grand-mère d’Ahmosis, 1549-1525, le fondateur de la XVIIIe dynastie, qui libérèrent le pays des Hyksôs. Elle est également la mère de Iâh-Hotep. Les détails de la vie de Tétishery sont assez mal connus et la plupart des conclusions avancées par les spécialistes sont de l'ordre de la spéculation ou du peu que l'on a pu tirer de la stèle monumentale d'Abydos érigée à son nom.

Tétishery vécu environ soixante-dix ans, jusque sous le règne de son petit-fils, auquel elle est associée sur une stèle où l'on voit Ahmosis faire des offrandes à la Reine. Senakhtenrê va accorder à Tétishery beaucoup de privilèges comme jamais précédemment il a été donné à une Reine. Elle est reconnue par décret pour ses services rendus à l'Égypte pendant la période de trouble que traversa le pays lors de la reconquête contre les Hyksôs. En effet, elle a joué un rôle important dans le maintien de l'ordre à la cour de Thèbes.

Ahmosis lui offrit une tombe prestigieuse, découverte en 1902, ainsi qu'une chapelle cénotaphe à Abydos au milieu de son propre complexe funéraire. Cette structure en briques contenait une stèle monumentale détaillant le dévouement d'Ahmosis pour Tétishery. Aucun tombeau à Thèbes ne lui a encore été identifié d'une manière concluante.

 

IAH-HOTEP

Pendant plus de deux siècles, de 1785 à 1570 av.j.-c, les hyksos occupèrent le nord de l’Egypte. Les égyptologues baptisèrent cette époque «deuxième période intermédiaire ».les hyksos furent des barbares cruels et destructeur. Ils se plièrent au mode de vie égyptien, avec l‘espoir de s’imposer à la longue. Quoi qu’il en soit ils ne devinrent pas populaires.

Sarcophage de Iâh-Hotep-Musée du Louvre   Peu avant 1570 ; la situation se modifia. Une femme exceptionnelle, Iâh_Hotep, ne toléra plus cette mainmise étrangère qui ruinait l’Egypte et décida de tout mettre en œuvre pour la libérer.

Fille du roi Taâ Ier et de la reine Tétishéri qui fut peut être la première à prôner la reconquête, Iâh_Hotep porta un nom significatif : la reine annonce son programme politique : d’abord la guerre (Iâh), ensuite la paix (Hotep).

Iâh-Hotep est une thébaine. Thèbes, petite cité du sud de l’Egypte, fédère les résistants ; et c’est le mari de la reine, le roi Séqenenrê, qui prend la tête de l’armée de libération et se lance à l’attaque des Hyksos.

Nous ne connaissons ni le nombre de soldats engagés dans l’action, ni les épisodes du conflit ; mais il se termina par la mort de Séqenenrê.

Iâh_Hotep est veuve. Mais il lui reste deus fils, Kamosis et Ahmosis. La reine insuffla à Kamosis la volonté de suivre l’œuvre de son père et de continuer la guerre.

Kamosis remporta plusieurs victoires, mais ne parvint pas à s’emparer de la capitale fortifiée des Hyksos, Avaris.

Lorsque Kamosis disparut de la scène, le deuxième fils d’Iâh-Hotep n’était âgé que d’une dizaine d’années. La reine assuma donc la charge du pouvoir sur un territoire de plus en plus vaste, sans perdre de vue le but final : la libération totale de l’Egypte.

Dès qu’il fut en âge de commander et de combattre, Ahmosis repartit pour le nord, avec la ferme intention de s’emparer d’Avaris et d’expulser définitivement les Hyksos hors d’Egypte.Collier d'Iâh-Hotep orné de trois mouches d'or-Musée du Caire

On imagine la joie d’Iâh-Hotep lorsqu’elle apprit la chute d’Avaris. Son mari était mort au combat, son fils aîné Kamosis avait rendu l’âme avant la victoire finale, son deuxième fils ; Ahmosis venait de libérer l’Egypte et de réunifier les deux Terres. Il devint le premier pharaon d’une nouvelle dynastie, la dix-huitième.

Jusqu’alors, la grande ville de l’Egypte des pharaons était Memphis ; implantée à la jonction du delta et de la vallée du Nil. Capitale fondée par l’illustre Djeser, Memphis n’avait pas de rivale. Sous l’impulsion d’Iâh-Hotep, Thèbes devint la capitale d’une Egypte libre, de nouveau maîtresse de son destin.

Femme énergique et vigoureuse, Iâh-Hotep mourut octogénaire vénérée par la cour comme par le peuple. Son fils Ahmosis, présida aux cérémoniesfunéraires ; la reine fut inhumée dans un tombeau de Dra Abou el-Naga, un secteur de la nécropole de Thèbe.

 

 AHMES-NEFERTARI

 Souveraine des deux terres, Ames-Néfertari fut elle aussi une sorte de pharaon, elle survécut à son mari le pharaon AhmosisAhmès-Néfertari-Musée du Louvre
Ahmès-Néfertari-plâtre peint de la tombe de Nebamun et Ipuki-Kestner Museum-Hanovre  qui régna de 1570 à 1546 av J-C. Elle fût associée à tous les actes majeurs de son règne et fût régente du royaume pendant l’enfance d’Aménophis I et mourût âgée après le couronnement et le début du règne de Thoutmosis I vers 1518 av J-C. Avec elle, nous sommes en présence de l’une des reines extraordinaires dont l’Égypte avait le secret.

Etait-elle issue d'un milieu modeste, comme tendrait à le prouver une inscription? Rien d'impossible, car la fortune et la "noblesse" n'étaient pas en Egypte ancienne, des critères impérieux pour choisir une reine.Ahmès-Néfertari naquit probablement à Thèbes et y fut élevée.

Comme certain nombre de reines, elle exerça le pouvoir pendant plusieurs années, alors qu'Amenhotep Ier, le premier des pharaons incluant dans son nom celui d'Amon, était encore trop jeune pour assumer sa tâche.Ahmès-Nefertari fut l’auteur d’innovation remarquable dont les conséquences seront encore perceptibles plusieurs siècles après sa disparition.

Ahmosis éprouvait une vive admiration pour sa grand mère Tétishéri, il souhaita que sa mémoire fût dignement honorée et recommanda à sa grande épouse Ahmès-Nefertari d'y veiller. Le couple royal voua un culte à Tétishéri et en proclamant l'importance, parce qu'il la considérait comme l'ancêtre d'une nouvelle dynastie qui devait redonner à l'Egypte sa splendeur passée.

La mort de la grande reine, au milieu du règne de Thoutmosis Ier, vers 1524 av. J-C., fût un événement considérable. Elle avait tant marqué son temps et les esprits que son souvenir ne s'effaça pas. Environ soixante-dix scarabées à son nom, des stèles amovibles sur lesquelles elle est représentée, des statuettes à son effigie, des quantités d'objets rituels comme les sistres qui lui sont dédiés, ainsi qu'une cinquantaine de peintures dans les tombes thébaines...cette accumulation de témoignages prouve l'existence d'un véritable culte en l'honneur d'Ahmès-Néfertari.Momie d'Ahmès-Néfertari

Ahmès-Néfertari fut considérée comme la sainte patronne de la nécropole thébaine et bénéficia, pendant plusieurs décennies, d'une grande popularité. Cette ferveur étant dû à sa préoccupation de l'entretient des tombeaux et qu'elle eu l'idée, concrétisée par Thoutmosis Ier, de crée une confrérie chargée de la construction et de la restauration des demeures d'éternité.

Plusieurs peintures ou statues de la grande reine nous la représente de couleur noire! Ahmès-Néfertari était-elle d'origine nubienne? La découverte de sa momie retirée de son tombeau offrit une certitude: Ahmès-Néfertari était morte âgée et avait la peau blanche. Elle incarne l'idée de la régénération, par lequel passe l'âme pour revivre dans l'au-delâ. Le noir, couleur du dieu Anubis à tête de chacal, chargé de conduire les réssuscités.

Sa momie fut introduite dans un énorme sarcophage et déposé dans une tombe de Thébes-Ouest à Dra Abou El-Neggah, une autre vie commença pour la reine dans l'au-delâ.

HATSHEPSOUT

Hatshepsout-Metropolitan museum Hatshepsout est la fille de Thoutmosis I et d’Ahmès, qui ures également un fils Amenemès mort en bas âge. Elle épouse son demi-frère Thoutmosis II mais il meurt à l’âge de vingt cinq ans en l’an 3 de sont règne. Ayant eu deux filles du mariage royal, c’est donc Thoutmosis III fils d’une concubine qui monte sur le trône, mais ce dernier étant trop jeune, c’est sa belle-mère Hatshepsout qui assure la régence. 

Dés l’an 2, elle se fait couronner roi et pour légitimer son pouvoir, elle se déclare fille du dieu Amon lui-même et de la reine Ahmès. Elle adopte les attributs royaux, essentiellement masculin comme la barbe postiche, le pagne et les couronnes de haute et basse Égypte et conserve l’intégralité de la titulature pharaonique.

Elle règne pendant vingt-deux ans et son successeur monte officiellement sir le trône qu’après sa mort. On connaît mal les tenants et les aboutissants de ce règne quelque peu insolite. Ont cru que Thoutmosis III avait été écarté du gouvernement du pays, mais il n’y eu ni révolution, ni purge, ni guerre civile, ni usurpation de pouvoir royal…. Seulement une femme reconnue comme pharaon et capable d’exercer la fonction d’un souverain.

En l’an 12, l’an 16, l’an 20, on voit Hatshepsout et Thoutmosis III ensemble chacun se présentant comme pharaon. A l’ombre d’Hatshepsout il apprend son métier de roi. Ce système à double pouvoir était répandu dans l’ancienne Égypte. Hatshepsout aux affaires commerciales et administratives et Thoutmosis III aux affaires militaires.

Le règne d’Hatshepsout fut des plus pacifiques, sa politique extérieure se résuma à charmer, par le verbe et par le rite ses adversaires potentiels.

Hatshepsout apparaît pour la dernière fois dans les documents officiels en l'an 20, puis disparaît. Elle laisse Thoutmosis III seul Roi d'Égypte autour de l’an 22. La date exacte de la mort d'Hatshepsout n'étant pas connue on considère qu'elle survient le jour où Thoutmosis III devient Roi d'Égypte.

Elle laisse de son union avec Thoutmosis II, une petite fille nommée Neferourê.

La momie de la reine est restée introuvable à ce jour.

Hatshepsout ne fut-elle pas le modèle de la reine de Saba ? Beauté, intelligence, sagesse, charme, pouvoirs magiques. L’envoûtante reine de Saba fut peut-être le dernier rêve d’Hatshepsout.

 

TIYI

Statuette de Tiyi-Musée du CaireCette jeune femme n’appartenait pas à la famille royale, mais était d’origine provinciale, elle naquit à Akhim en moyenne Égypte vers l’an 1400  avant j.c. Elle fut la grande épouse du pharaon Aménophis III. A l’occasion de son mariage, il fut envoyé dans toute l’Égypte et à l’étranger des scarabées de faïence de dix centimètres pour annoncer le règne du nouveau couple royal.

La reine Tiyi fut associée à tous les événements marquants du règne et présida à la haute et à la basse Égypte comme le prouve de nombreux actes officiels.

Elle joua un rôle important dans le gouvernement du royaume et la mort d’Aménophis III fut une terrible épreuve qui la laissa seule à la tête de l’état. Tiyi dut surmonter l’épreuve et régner, elle transmit à ses enfants les secrets de l ‘état. Elle donna 7 enfants au roi : ThoutmosisAkhenaton, Satamon, Isis, Hénouttaneb nébetâh et Bakhétaton.Tiyi, sculpture en bois-Musée du Caire 

Son fils Aménophis IV (Akhenaton) et Néfertiti furent ses disciples attentifs. Elle mourût en l’an 8 du règne d’Aménophis.

Sa momie fut inhumée dans la vallée des rois, probablement dans la tombe N°55 ou contenait des objets au nom d’Aménophis III et de Tiyi.

Le souvenir de la grande reine fut durable, et la transition entre l’époque lumineuse d’Aménophis III et l’expérience religieuse d'Akhenaton, Tiyi avait marqué son temps d’une empreinte indélébile.

                                                                                                                                                                                  

 NEFERTITI

Statue de Néfertiti-Museum de Berlin  Le nom de Néfertiti signifie  « la belle est venue ». Quelques égyptologues supposent que la reine était d’origine étrangère, mais il n’en est rien. Son nom est bien égyptien et se réfère à sa fonction divine.
Aucun texte ne donnent le nom des parents de la grande épouse royale d'Akhenaton, nous conviendrons qu’elle était une dame de la cour, peut-être la fille d’un grand dignitaire, et rien n’interdit de penser qu'Akhenaton décida d’épouser une très belle jeune femme sans fortune.
Puisque le culte du moment était centré sur le dieu unique Aton, Néfertiti se nommait aussi « parfaite est la perfection d’Aton ». Aucune activité sacrée ne pouvait être accomplie sans la présence de Néfertiti, le roi et la reine adressaient les mêmes prières au dieu Aton, ainsi que les mêmes offrandes.Buste de Néfertiti-Museum de Berlin 
D’ordinaire, pharaon apparaissait seul sur son char, dans la nouvelle capitale d’Amarna, au su et au vu de tous, Akhenaton embrasse tendrement sa belle épouse. Privilège remarquable, la reine pouvait également se déplacer sur son propre char équipé comme celui du roi, d’un arc et de flèches. Encore plus surprenant à bord d’une barque royale, Néfertiti, couronnée, empoigne un adversaire par les cheveux et le frappe de sa massue. Elle symbolise ainsi la victoire de l’ordre sur le chaos. Peut-on admettre que Néfertiti fut d’avantage qu’une reine ?
Le couple eut six filles. Il est bien précisé que chacune est la fille de la grande épouse royale, Néfertiti.
La mort de leur deuxième fille Meket-Aton lézarda le bel édifice que le couple avait construit, Néfertiti fût profondément affectée par cette disparition. Une scène montre Akhenaton et Néfertiti en pleurs devant le lit funéraire.
Nous ignorons la date de la mort de Néfertiti et ses circonstances, elle fût probablement inhumée dans le grand tombeau royal. Les archéologues le trouvèrent pillé et dévasté. La momie de la tombe n°55 de la vallée des rois, est-elle celle de Néfertiti ? Le nom et le visage fût martelé.
Le célèbre buste conservé au musée de Berlin est une petite sculpture haute de 50 cm. Elle fût trouvée à Amarna dans l’atelier du sculpteur Thoutmosis, le 6 décembre 1912 par l’équipe archéologique allemande de Ludwig Borchardt.En admirant ses portraits, comment ne pas être fasciné par sa beauté.

ANKHESENAMON

Dans le palais Nord de la cité du soleil vivait un jeune couple, Ankhes-en-pa-Aton, « elle vit pour Aton », (3èmefille d’Akhenaton et de Néfertiti), et le prince Tout-Ankh-Aton, « symbole vivant d’Aton » (fils d'Akhénaton et d'une concubine).Paroi d'un coffret du mobilier funéraire de Toutânkhamon-musée Egyptien de Caire

Les événement se précipitèrent à la mort d’Akhenaton. La jeune Ankkes-en-pa-aton devint garante de la légitimité du trône, et son mari, encore adolescent, fut appelé à devenir Pharaon.

Brusquement il fallut quitter la cité du soleil et retourner à Thèbes. En peu de temps, la capitale d’Akhenaton fut abandonnée et devint une ville morte.

Signe essentiel de cette mutation : le changement de nom du couple royal. Tout-Ankh-Aton devint Tout-Ankh- Amon, Ankhes-en-pa-Aton devint Ankhes-en-Amon, le règne d’Aton etais achevé.

A peine âgée de 9 ans pour Toutankhamon et de 13 ans pour Ankhesenamon, le jeune couple n’eurent pas le temps d’êtres jeunes, il leur fallut régner et assumer les charges du pouvoir.

Ankhesenamon etais d’une grande beauté. Coiffée d’une perruque délicate et compliquée, le serpent uræus au front, les yeux fardés, le visage soigneusement maquiller elle porte des boucles d'oreille, un large collier à plusieurs rangs et une longue robe blanche tombant jusqu’aux sandales. La grande épouse royale etait la séduction même.

Toutankhamon mourut jeune, sans doute avant l’age de 19 ans, après neufs années de règne. Sa veuve fut désemparée. La reine accomplit alors un acte inouï qui pourrait être considéré comme une trahison. Au lieu de choisir comme pharaon l’un des nobles de la cour, elle écrit une lettre au roi des Hittite Souppilouliouma, le suppliant de lui envoyer un de ses fils.

A la cour, les démarches de la jeune reine  ne passa pas inaperçu. Le prince hittite ne franchit jamais la frontière, sans doute fut-il supprimé. L’avertissement était clair et brutal. Aucun Hittite ne monterait sur le trône d’Egypte.

Ankhesenamon épousa le vieux sage Ay qui dirigeait l’administration depuis trois règnes. Nous ignorons ce que devint Ankhesenamon, pour nous, elle demeure la grande magicienne du roi au masque d’or.

 

TOUYA

Couvercle de vase canope à l'éffigie de la reine Touy-Musée de Louxor Touya, également appelée Mout-Touya est une Reine d'Égypte de la XIXème dynastie. Elle est née vers 1325. Elle est la fille de Raïa, un officier supérieur de l'armée, lieutenant général de la charrerie et de Rouia. Elle épouse le Pharaon Séthi I(1294-1279) dont elle sera la grande épouse royale. Le règne de son époux va voir de nouveau l'Égypte au plus haut sommet de sa gloire. Touya était dotée d'une forte personnalité et elle participa à la vie politique du royaume. Touya donna naissance au « fils de la lumière », Ramsès II qui régna soixante-sept ans.

Pendant les vingt premières années de règne de son fils Ramsès II. Elle exerce une influence importante à la cour. Une statue, conservé au musé du Vatican, la représente sous l’aspect d’une femme colossale et altière, près de trois mètres de haut Ramsès II éprouvais une véritable vénération pour sa mère. De nombreuses statues et bas reliefs lui sont dédier et célèbrent sa mémoire.

Touya survit presque vingt-deux ans à son mari et meurt en 1258, âgée dans les soixante-cinq ans. Elle fut inhumée dans une tombe de la vallée des reines (n°80), qui devait être superbement décorée et contenir un abondant et luxueux mobilier funéraire. Comme beaucoup d'autres sa tombe fut pillée et dévastée. Un des couvercles des vases canopes, contenant les viscères de la reine, fut miraculeusement préservé. Il représente le visage de Touya, coiffée d’une lourde perruque. Son fin sourire enchante l’âme Une extraordinaire jeunesse émane de cette modeste sculpture qui préserve le souvenir d’une grande reine du Nouvel Empire.

 

NEFERTARI

A travers les inscriptions officielles, il est difficile, voire impossible, de discerner les sentiments qu’un pharaon éprouva pour sa grande épouse.Peinture de Néfertari la représentant dans sa tombe de la vallée des reines   Même dans le cas d’Akhenaton et Néfertiti, qui semble nous offrir des scènes d’intimité familiale.

En ce qui concerne Ramsès II et Néfertari, ni familiarité, ni confidence romantique, mais un couple royal dans toute sa gloire et sa majesté.

Les parents de Néfertari sont inconnus, elle était peut-être d’origine modeste. Son nom signifie « la plus belle », « la plus accomplie » et est souvent suivi de « aimée de Mout ».

Néfertari épouse Ramsès II avant qu’il ne succède à son père, Séthi 1er. Elle porta des titres qui soulignèrent le rôle de la grande épouse royale : « souveraine du double pays », « la maîtresse de toutes les terres », « celle qui satisfait les dieux ;». Les textes précisent qu’elle avait un beau visage et une douce voix.

Si on interprète les inscriptions à la lettre, Néfertari aurait donné quatre fils et deux filles à Ramsès. Néfertari joua un rôle actif dans les grands rituels d’Etat, indispensables pour perpétuer la prospérité des deux terres, comme la fête de Min. A l’instar d’un certain nombre de reines, Néfertari exerça une influence forte en politique étrangère. Au cours de longues négociations pour obtenir la paix avec les Hittites ; Elle correspondit avec la reine du Hatti. Elles échangèrent bijoux et étoffes et il est probable qu’une amitié naquit entre les deux souveraines. L’Egyptienne et la Hittite souhaitèrent la paix et fraternité entre leurs deux peuples, et ce vœu fut couronné de succès.

Aucun document ne précise la date de la mort de Néfertari, une hypothèse romanesque voudrait que la reine ait rendu l’âme à Abou Simbel, devant le temple qui l’immortalisait, lors de l’inauguration  de ce « petit temple » une merveille. La taille de la reine est égale à celle du roi. Epuisée, elle aura confié à sa fille aînée le soin d’inaugurer les sanctuaires avec Ramsès. Bien que Ramsès ait vécu plus longtemps que Néfertari, bien que d’autres épouses royales aient succédé à Néfertari, c’est elle qui demeura la reine liée au règne de Ramsès II. 

Petit temple de Néfertari à Abou Simbel  Sa demeure d’éternité, dans la vallée des reines reste un très grand chef-d’œuvre de l’art égyptien et fut restaurés récemment grâce à des fonds privés. Les peintres et les dessinateurs de l’ancienne Égypte ont porté leur art  à sa perfection, en décrivant le cheminement initiatique de la grande épouse royale dans l’autre monde.

La demeure d’éternité de Néfertari est un livre de sagesse. Le grand amour de Ramsès II nous lègue ainsi un témoignage inestimable.

TAOUSERT

Gravure de Taousert au temple d'Amada-Nubie Siptah étant trop inexpérimenté pour régner, le pouvoir fut confié à une régente, Taousert, probablement la grande épouse royale de Séthi II, mais sans doute pas la mère du nouveau pharaon. « Riche en faveurs, douce souveraine, très aimée, souveraine du double pays », elle, qui n’était pas de sang royal, gouverna donc l’Egypte comme d’autres femmes l’avaient fait avant elle. D’après l’examen de sa momie, le malheureux Siptah avait une jambe atrophiée. Il etait certainement affligé d’une mauvaise santé et, après un court règne, plus théorique que réel, décéda.

 De régente, Taousert devint alors Pharaon, suivant le même processus qu’Hatshepsout ;; son règne, qui fut le dernier de la XIXème dynastie, dura huit ans (1188-1186). Peu de monuments, peu de textes, faut-il pour autant conclure à l’existence d’intrigue de palais et à des querelles intestines ? .Il ne convient pas de déduire automatiquement d’affreuses machinations. Quoi qu’il en soit, l’institution pharaonique ne fut pas remise en cause, et Taousert fut reconnue comme pharaon.Boucles d'oreille trouvées dans la tombe de Taousert, avec le cartouche de Sethy II

Taousert reçut plusieurs noms, comme les pharaons qui la précédèrent ; elle était l’aimée de Maât, celle qui possède la beauté en tant que roi, comme Atoum, la fondatrice de l’Egypte, celle qui fait ce courber les pays étrangers, la souveraine de la terre aimée, l’aimée d’Amon, la puissante, l’aimée de mout, l’élue de mout. Le nouveau pharaon affirme sa pleine et entière souveraineté : elle fonde l’Egypte, elle la dirige. Sa puissance est proclamée : les pays étrangers se courbent devant elle, et son nom le plus courant, Taousert, signifie précisément  « la puissante », avec l’idée implicite que la reine pharaon est riche de vaillance et de force.

Sur le règne de Taousert, nous ne savons rien. Avec le pharaon Setnakht, elle partage une grande tombe de la vallée des rois (n°14), qui comporte de sublimes représentations. Le nom de Taousert est présent sur des monuments du delta, du Sinaï et de Nubie ; au sud du Ramesseum, avait débuté la construction son «  temple de millions d’années ». Maigres indices, certes, mais qui permettent de penser que le règne de Taousert fut un moment de paix et de relative prospérité.

 

ARSINOE II

Buste en marbre blanc d'Arsinoé II  Pour se faire admettre comme pharaons, les Ptolémées se font couronner selon les anciens rites ; une reine, Arsinoé II, épouse de Ptolémée II philadelphe (285-246), connut une destinée remarquable.

Trouvant Alexandrie froide et ennuyeuse, Ptolémée II tenta de donner un certain éclat à son règne ; peut être était-il impressionné par le caractère grandiose de l’architecture égyptienne et la splendeur du passé des deux terres.

En 278, arrive en Egypte sa sœur Arsinoé II, âgée de trente-sept ans. Aussi belle que volontaire, c’est une femme redoutable. L’Egypte lui plut. Arsinoé II conçut aussitôt un plan pour prendre en mains les affaires de l’état : il lui fallait épouser son frère Ptolémée II. Le roi etait déjà marié, et son épouse s ‘appelait, elle aussi Arsinoé. Arsinoé II réussit à discréditer sa rivale et à la faire exiler dans la cité de Coptos ou, coupée de tout lien avec la cour royale, elle mourut de solitude et de tristesse. La voie était libre, Arsinoé II devint reine d’Egypte.

Elle fit inscrire son nom dans des cartouches, comme un pharaon, et intervint en toutes circonstances, à la manière d’une co-régente. Ce mariage n’etait autre qu’un inceste. Arsinoé II trouvas une parade mythologique : Zeus lui-même n’avait-il pas épousé sa sœur Héra ? La cour approuva et se tut. Le mariage demeura peut-être symbolique ; certain pensent en effet, que l’union ne fut jamais consommée. Pendant huit ans, elle se comporta comme un véritable pharaon, abandonnant son frère à ses maîtresses et a son existence luxueuse et paresseuse.Monnaie à l'éffigie d'Arsinoé II

Arsinoé II organisa d’impressionnantes processions au cours desquelles le roi et la reine, assis sur des trônes d’or, traversèrent Alexandrie. La reine était aussi une femme d’état. Allant contre la volonté de son frère, elle imposa un programme économique moins dispendieux que celui imaginé par Ptolémée. Elle songea même à élargir la zone d’influence de l’Egypte et à doter le pays d’une armée bien équipée. Arsinoé II tenta de réformer et de freiner les dépenses, tout en développant la production agricole, notamment dans la province du Fayoum. Le pays ne manquait pas de richesses : mines d’or, champs de blé, vignes, pêcheries, fabriques de tissus, de parfums, manufactures de papyrus…etc.

Mais la santé d’Arsinoé II déclina et, après quelques mois de souffrance, elle mourut en 270av.J.C. Morte le premier mois de l’été, Arsinoé II avait bénéficié de la magie des anciens rites égyptiens ; On pratiqua sur elle « l’ouverture de la bouche ».

 

CLEOPÂTRE VII

Gravure de Cléopatre-Temple de Philaé Née en 69 av.J.C. Cléopâtre, septième princesse à porter ce nom qui signifie «  la gloire de son père », poursuivit le rêve impossible d’un empire ressuscité dont le cœur serait la vielle terre des pharaons. Est-ce un hasard si l’Egypte, favorable aux femmes tout au long des dynasties pharaoniques, fut magnifiée une dernière fois par une reine qui tenta de jouer le rôle d’un Pharaon.

Cléopâtre est célèbre pour sa beauté…qui n’est sans doute qu’une légende. Si l’on peut se fier à quelques vagues portraits d’époque, elle ne possédait probablement pas un physique très remarquable, mais était une intellectuelle qui parlait plusieurs langues. Cultivée, ambitieuse, elle ne manquait pas de charme et jouait d’une voix envoûtante.

Autour d’elle un monde décadent, la dynastie des Ptolémées est agonisante, les hommes de la famille n’ont ni intelligence, ni vigueur, ni projet politique. Ils se complaisent dans le plaisir d’une cour alexandrine qui se contente de son médiocre pouvoir. Face à elle une seule grande puissance : Rome. Il lui faut procéder par étapes. Cléopâtre, à qui Rome reproche d’utiliser des procédés magiques pour charmer les hommes, rêve d’autres horizons. Elle rêve d’une Egypte puissante et indépendante, comme aux temps anciens. Mais Cléopâtre n’est guère populaire, on se méfie d’elle. Lorsque son père meurt en 51 av.J.C., le trône est partagé entre elle et son frère Ptolémée XIII, qui devient son époux théorique. Elle aspire à régner seule mais son frère triomphe, Cléopâtre est mise à l’écart.

César le conquérant ne résista pas aux charmes conjugués d’Alexandrie et d’une jeune femme de vingt ans, vive érudite et passionnée. Certes, elle a été chassée du pouvoir, et le peuple ne l’aime guère. Mais césar tranche en sa faveur. Les rivaux de Cléopâtre  sont éliminés de manière brutale. Elle ne peut se passer des appuis de César, appuis qui ne lui feront pas défaut, puisqu’elle devient la mère de son fils, Césarion.

En 46, Cléopâtre se rend à Rome et s’installe dans « les jardins de césar », aujourd’hui le palais Farnèse. Elle espère beaucoup de ce séjour, décidée à se faire admettre par les romains comme une grande reine. Mais elle a sous estimer la méfiance romaine vis a vis d’une orientale. Bientôt, les bruits les plus pernicieux courent sur son compte, qui commet la maladresse de faire placer une statue d’or à son image dans le temple de vénus.

Le sénat redoute que César ne « s’orientalise » chaque jour d’avantage et finisse par donner une place trop importante à Cléopâtre. Le 15 mars 44, césar est assassiné. Cléopâtre doit quitter Rome et revenir en Egypte. Elle continue donc à gouverner seule, mais qu’elle attitude adopter à l’égard du triumvirat composé d’Octave et Marc Antoine. Agée de vingt-sept ans, Cléopâtre, sait pouvoir compter sur sa culture et sur son charme ; ces armes ne risquent-elles pas d’être insuffisantes.  Elle n’est pas une femme ordinaire, mais l’incarnation d’une déesse. Dans cette idée, elle puise la force nécessaire pour poursuivre son rêve.Buste en marbre de Cléopatre VII-Musée de Berlin

Elle tente de persuader Antoine qu’il deviendra un nouvel Osiris et qu’ensemble, ils formeront un couple extraordinaire, capable de recréer un age d’or. Antoine se laisse envoûter. Il oubli la vie militaire, la morale romaine, Rome elle-même. Il est séduit par le luxe de la cour de Cléopâtre, par les fastes que déploie autour de lui la femme qu’il aime.

En 36, Cléopâtre triomphe : Antoine accepte de l’épouser. Peu importent les protestations qui s’élèvent à Rome. Cléopâtre et son époux sont à la tête d’un empire hellénistique dont l’Égypte est le cœur. Cléopâtre travaille. Elle réforme le système monétaire, assainit le commerce, brise des monopoles, fait resurgir l’Egypte sur la scène internationale. Antoine lui procure ce qui lui manquait pour progresser : la puissance militaire. Mais un adversaire redoutable se dresse sur sa route : le romain Octave.

A partir de cette date, les nuages noir s’accumulent. Octavie adresse un ultimatum a Antoine, qui est également son mari : qu’il quitte Cléopâtre, abandonne son existence dissolue. Antoine refuse, octave le fait désigner comme ennemi de Rome. Cléopâtre fait proclamer l’existence d’un empire d’orient, lors d’une grandiose cérémonie au cours de laquelle Antoine et la reine d’Egypte, installés sur des trônes d’or, prennent une stature pharaonique.

C’est à Cléopâtre, et non à Antoine, qu’Octave déclare la guerre. C’est à Actium, en 31av.J.C. que la flotte égyptienne est vaincue, Antoine se suicide à Alexandrie. A trente-neuf ans, Cléopâtre se donne la mort en se laissant mordre par un serpent. Inhumée dans le tombeau qu’elle avait fait construire, près du temple d’Isis, Cléopâtre fut la dernière représentante d’une longue lignée de femmes d’état qui avaient régné sur le pays aimé des dieux.

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Commentaires (5)

Sté^hane
  • 1. Sté^hane | 12/02/2018
Article intéressant, mais avec quelques non dits ... Déjà, la place des femmes, présentée comme "égalitaire" (bien dans l'air d'aujourd'hui), était en fait "équitable" (voir la maât), adaptée à leurs possibilités et à leurs compétences, autrement dit basée sur leur mérite. Ensuite, le règne d'Hatshepsout est "mystérieux" , sauf si on prend en compte les événements relatifs à l'arrivée des Hyksos, lesquels, après avoir cambriolé l'Egypte par voie d'infiltration mafieuse, se sont fait éjecter par Ahmosis 1er, fondateur de la 18ème dynastie. Cette "épuration" aura comme conséquences le bannissement des responsables (la vérité sur "l'exode", livre 2 de la Thorah), ainsi que la création d'une nouvelle mafia intra muros, sous le titre de "clergé d'Amon" (remarquons le monothéisme qui apparaît). Celui ci, discret tout d'abord, va sauter sur l'occasion de la mort de Thoutmosis 2 pour placer dans l'axe politique une "descendante royale" arrogante qui va lui servir de marionnette. Ainsi, le clergé d'Amon va réussir à reprendre du pouvoir, en avant caché derrière un masque politique et un masque religieux. Sans freins, il va rapidement devenir une sérieuse menace pour l'Egypte, laissant à Thoutmosis 3 le seul choix de prendre le titre de "PHARAON" (mot créé à cette occasion, ce qui veut dire que TOUS les Rois d'Egypte précédents N'ETAIENT PAS DES PHARAONS), autrement dit Roi d'Egypte (grand chef d'ochestre du pays) + Seul représentant légitime avec les Dieux (autrement dit seul interlocuteur religieux de référence), afin de limiter l'emprise du clergé. L'histoire de poursuit néanmoins, à coup d'influences et de manipulations jusqu'à Aménophis 3, qui va engager de profondes réformes pour restaurer un pouvoir royal bien mal en point (presque comme la reine d'angleterre aujourd'hui). Son fils, Aménophis 4 fera table rase du problème en éliminant le Dieu qui pose problème (Amon), les autres Dieux qui pourraient servir de tremplin à une autre mafia, et imposer un Dieu unique, concept qui lui a été inspiré par les pratiques du clergé depuis... plus de 200 ans à ce moment là. C'est ainsi que va naitre le culte d'Aton.
Nathalie cremers
  • Nathalie cremers | 21/02/2018
Merci pour ce commentaire qui enrichie nos connaissance sur l'évolution du pouvoir au coeur de l’Égypte antique.
Cheikh Anta Diop
  • 2. Cheikh Anta Diop | 06/09/2012
« une femme Nicotris régna, elle avait plus de courage que les hommes de son époque et elle était la plus belle de toutes les femmes, elle, blonde aux joues roses » je doute sincèrement que Nicotris première des reines égyptienne est été "blonde aux joues roses" En vérité je vous le dit elle devait être bien plus foncer que ça et n'était certainement pas blonde. Nous avons ici un exemple pur et simple de falsification et de contre vers de l'histoire. Rien d'étonnant notre héritage égyptien et africain a été voler, difficile de retrouver la vérité dans tout sa!
Hélène
  • 3. Hélène | 06/05/2012
Bonjour,
Dans "la Cité des Dames ", de Christine de Pisan ( auteur du haut Moyen âge) fait une liste de femmes illustes à la façon de Boccaccio. Elle nomme l'Imperatrice Nicole, Impératrice d’Egypte, des Royaumes d’Arabie, d’Ethyopie et de Meroé (qui ne voulut jamais se marier et qui instora la loi et l’ordre publique dans son royaume). Je n'arrive pas à trouver d'information à son sujet. Le prénom Nicole n'a pas l'air très egyptien, il s'agirait d'une retranscription. Mais qui est l'Impératrice Nicole?
Simone
  • 4. Simone | 21/12/2010
C'est super bien. j'ai appris plein de choses en lisant ces textes.Bravo gardez ce lien en ligne!

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