Aménophis II

AMENOPHIS II

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Amenhotep II (ou Aménophis en Grec ) est le 7e Roi de la XVIIIe dynastie. Il est le fils de Thoutmôsis III et de la Reine Méritrê-Hatchepsout. À l'origine Amenhotep II n'était pas l'héritier du trône, celui-ci revenait à son demi-frère aîné, Amenemhat, qui mourut probablement au début du règne seul de son père, vers l'an 24, soit peu de temps après la disparition de la Reine Hatchepsout.
A la mort de son père Thoutmôsis III, Amenhotep II monte sur le trône à l'âge de dix-huit ans. Le jeune Roi reçu une éducation très poussée et durant son enfance il fut très entouré. Jeune, il supervisait déjà les livraisons de bois envoyé à l'arsenal de Memphis et fut fait Grand-Prêtre de Sem pour la Basse-Égypte.

Manéthon lui compte 25 ans et 10 mois de règne. Amenhotep II accède au trône le 1er jour du 4e mois de la saison Akhet. Le couronnement de ce Roi peut être daté sans trop de difficulté en raison d'un certain nombre de dates lunaires connues sous le règne de son père, Thoutmosis III. Sa momie a démontré qu'il avait environ 40 ans lorsqu'il mourut. En conséquence, on lui attribue généralement un règne de 26 ans, de 1427 à 1401.

Amenhotep II n'a eu qu'une épouse attestée :
 
• Tiâa I (ou Tia'a) dont les origines sont encore aujourd'hui inconnues car elle porte le titre de Mère du Roi, mais pas celui de Fille du Roi. Il a été spéculé qu'elle fut sa sœur, ou sa demi-sœur, mais c'est loin d'être certain. Elle sera la dernière Reine de la XVIIIe dynastie à porter le titre d'Épouse du Dieu, hérité par les femmes de la famille royale depuis sa création par la Reine Ahmès-Néfertari I. Elle ne recevra ceux de Grande Épouse Royale  et Mère du Roi que sous le règne de son fils.
 
Tiâa I fut très peu représentée sur les monuments construits par son mari, par contre elle fut très présente sur ceux qui furent achevés par son fils, Thoutmôsis IV. Elle donne à Amenhotep II probablement cinq enfants, les avis des spécialistes sont très partagés, surtout pour les garçons.

▪ Ouebsenou (ou Oubensénou) dont on ne sait rien, mais qui meurt semble t-il jeune. Dans la tombe KV35 dans la vallée des Rois, d'Amenhotep II on a retrouvé des fragments de vase canope au nom d'Ouebsenou qui nous confirment sa filiation avec lui. Sur ceux-ci il est nommé "Fils royal, aimé de lui, superviseur des chevaux".


▪ Iaret (ou Ouadjet) qui épouse Thoutmôsis IV vers l'an 7 de son règne. Elle porte les titres de : Grande Épouse Royale, Fille du Roi et Sœur du Roi.
 
▪ Ahmosis (ou Ahmosé) qui sera Grand Prêtre de Rê à Héliopolis sous le règne de son frère Thoutmôsis IV. Une stèle lui étant attribuée se trouve aujourd'hui au musée de Berlin et une statue brisée est à celui du Caire.
 
▪ Aménémopet (ou Amenemipet). Il est attesté comme fils d'Amenhotep II sur la stèle C, trouvée dans le temple du Sphinx du Roi.

▪ Thoutmôsis IV qui lui succède. Il naquit en l'an 6 du règne d'Amenhotep II. Cette filiation est contestée par certains égyptologues. On atteste aussi à Amenhotep II cinq autres enfants, dont on ne connaît pas la (les) mère(s) :


▪ Nedjem, qui n'est connu que d'une seule source. Il est mentionné, "Fils royal, aimé de lui", avec son frère (ou demi-frère), Ouebsenou, sur la statue (CG638) de Minmose, Superviseur des ouvriers à Karnak.


▪ Amenhotep. Selon le Papyrus BM 10056, qui remonte à l'an 10 d'Amenhotep II, fait référence à ce fils en tant que Grand-Prêtre de Sem. Cet Amenhotep pourrait également être indiqué sur une stèle du temple d'Amenhotep II à Guizèh, mais le nom a été effacé de sorte qu'une identification positive est impossible.


▪ Khâemouaset qui est attesté comme fils du Roi sur deux graffitis retrouvés dans le Sahel.


▪ Âakhéperkarê.


▪ Âakhéperourê (ou Âa-chepru-Rê). Il est mentionné dans un graffiti endommagé enregistré sur un rocher en Nubie, aux côtés d'un Prince Amenhotep. Si l'on suppose que cet Amenhotep est la même personne que celle du Papyrus BM 10056, Âakhéperourê serait bien le fils d'Amenhotep II. Toutefois, dans ces deux cas, certains égyptologues pensent que les inscriptions font plutôt références au Roi Amenhotep III ce qui rendrait ces deux Princes fils de Thoutmôsis IV.

Ouebsenou et Nedjem ne sont pas des noms habituels que l'on trouvait à cette époque pour des Princes destinés à être Roi. Ce qui lui fait suggérer que leur mère était peut-être d'origine étrangère.

Le jeune Roi va maintenir l'intégrité de l'Empire Égyptien par une politique d'une extrême fermeté. La stèle du Sphinx à Guizèh, le représente comme un homme très physique, de grande taille, doué d’une force exceptionnelle. Ses exploits sportifs en course, à l'aviron, au dressage équestre (chars) et au tir à l'arc sont rapportés dans beaucoup de documents. Roi guerrier et cruel, il va réaliser deux ou trois campagnes au Proche Orient pour maintenir les conquêtes de son père. En l’an 3/4 de son règne les affrontements contre le Mitanni se soldent par une expédition, "La première campagne des victoires", contre la coalition des chefs de la région de Takhsy, entre l'Oronte et l'Euphrate, dans le Rétjénou.


 
 Certains égyptologues contredisent cette localisation et situe l'action près de Kadesh. D’âpres une étude de la stèle retraçant cette campagne, Ils en déduisent la chronologie mais cependant ils n'apportent pas une lumière complète sur l'itinéraire suivi par le Roi.
 
 Le 22 avril 1424, il s'empare de la ville de Shamash-Edom à l'Ouest de l'Oronte, l’actuelle ville de Shamsin au croisement de la route Émèse (ou Homs) / Damas, avec celle qui mène à Tripoli du Liban. Puis, le mois suivant le souverain prend Qatna, identifiée aujourd'hui au site de Tell-el-Mishrife. La ville est située dans l’ouâdi al-Aswad, un affluent de l’Oronte, à 18 km, au Nord-est d’ Émèse.
L’armée Égyptienne longe la côte du Sud au Nord, traverse l'Oronte à gué vers le Djisr el-Hadid, pour redescendre ensuite, autour du 6 mai, au Sud, vers Apamée (Le pays de Nii), "dont les habitants l'avaient salué comme un Dieu dans la stupéfaction". Le Roi mate une émeute à Akete, ce qui calme toute la région du Rétjénou. Puis l'armée fait demi-tour et fond sur la ville d'Ougarit, qui se soumet rapidement.

Le 16 et 17 mai, Amenhotep II décide de faire faire une pause à son armée. Il s'installe alors autour de Tjerech, à Zalhi, à l'Est de Shamash-Ram. Puis il pille la ville de Mindatou. Les Princes de Hizra et du Pays de Unqi lui prêtent allégeances et l'accueillent. Les spécialistes identifient ces dernières régions autour de l'actuel lac d'Antioche. Ce territoire est connu pour avoir hébergée, à cette époque, plusieurs localités très prospères. Le 23 mai, Amenhotep II se présente devant la ville de Kadesh où les Princes de la cité lui portent aussi allégeance.
Pour célébrer cette alliance une chasse est organisée dans les bois de la montagne Reba. Une grande quantité d'animaux sont tués : Gazelles, lièvres, poulains et ânes sauvages. On pense aujourd'hui que Reba serait probablement l'Aribua que l'on retrouve citée dans les textes Assyriens et qui ce situe dans la province actuelle de Hama.
 
Puis le souverain Égyptien s'empare de Khashabu, identifié à la moderne Tell Haschbe, près des sources du Jourdain et que certains spécialistes situent près de la côte entre le Carmel et Jaffa. D'autres proposent qu'il s'agisse de la localité de Khisfin, sur la route qui passait au Sud du lac Tibériade et qui permettait de rejoindre la plaine de Sharon, où se rendra le Roi afin de regagner l'Égypte. Enfin l'armée Égyptienne victorieuse retourne à Memphis, où le 22 juin, elle ramène un incroyable butin.

En avril de l'an 7 de son règne, Amenhotep II est confronté à une rébellion majeure en Syrie fomentée par les ex États vassaux du Mitanni. Il est obligé d'envoyer rapidement son armée au Levant afin de la réprimer. Cette rébellion fut probablement provoquée par un chef Égyptien proche de l'ancien rival de l'Est. La stèle de la victoire sculptée après cette campagne est un document qui est censé retracer ses plus grandes batailles, hors il peut être interprété de plusieurs façons. Il se peut que cette campagne fut plus semblable à l'un des raids sur la Syrie, où son père avait combattu, et que le Roi n'engagea que des garnisons mineures dans la bataille, ce qui fait que les villes contraintes de lui prêter serment, brisèrent celui-ci immédiatement après son départ

En septembre  de l’an 9, une nouvelle expédition en Palestine, va assurer à Amenhotep II une emprise totale sur le Mitanni. Cependant il semble, d'après certains spécialistes, que le Roi ne dépassa pas la mer de Galilée. Le 13 Octobre, il attaqua la ville Cananéenne d'Antipatris au Nord de la plaine du Sharon dans le centre d'Israël. De là, il se dirigea sur Yehem, au pied du Mont Carmel, qui n'offrit que peu de résistance. On sait que le 19 octobre, le Roi prend et pille la ville d'Anaharath, entre Nazareth et le lac Génésareth, qui lui livre un butin considérable, puis celle de Geba' Sumneh, dont il fait prisonnier le Prince Gargur.
 
 Le souverain Égyptien arriva à Megiddo, dont il fit prisonnier le Prince Qeb-Semen, avec sa femme, ses enfants et sa suite, qu'il remplaça par un de ses fidèles. Enfin le Roi et son armée rentrèrent à Memphis, probablement mi-Novembre, juste avant le début de l'hiver. Une stèle retraçant cette campagne sera érige à Karnak. Au cours de celle-ci, Amenhotep II fera 89.600 prisonniers, comme l'indique la stèle de Memphis dont : 127 Princes et 179 frères des Princes.

Les spécialistes pensent que ce chiffre indiquant le nombre de prisonnier est très exagéré et qu'il comprend ceux capturés sur le total de ses campagnes. Les Rois du Mitanni, des Hittites et de Babylone, contient de la puissance que représentait maintenant l'Égypte, s'empressèrent d'envoyer à Amenhotep II des présents. Surtout le Mitanni vaincu, car le Nouvel Empire Hittite fondé par Tudhaliya I (v.1430-v.1420) le menaçait maintenant directement, et le temps était venu pour les Mitanniens de se chercher de nouvelles alliances. Les deux états ne se combattront d'ailleurs plus jamais au cours de l'histoire.

Amenhotep II n'est pas un grand bâtisseur, il va surtout centrer son énergie sur Karnak et achever, agrandir et restaurer les monuments de son prédécesseur. Il réalise notamment des travaux à : à Éléphantine ; à El Kab, où il va achever la construction du temple entrepris par Thoutmôsis III ; à Héliopolis ; à Coptos et dans l'île de Sehel située au Sud d'Assouan. Il a également construit un temple près du Grand Sphinx à Guizèh. En Haute-Égypte, des petits sanctuaires sont attestés. En Nubie,il construit à Amada le temple d'Amon.


 Enfin, il fait creuser sa tombe, KV35, dans la vallée des Rois. À Karnak, il fait construire une chapelle entre le neuvième et le dixième pylône. Il se fait représenter sur le huitième pylône, construit par Hatshepsout, massacrant ses ennemis à coups de massue. Aujourd'hui il subsiste encore le pavillon de sa fête Sed, situé entre les 9e et le 10 e pylône. Son règne est marqué par un renouveau dans l'art, avec un style artistique où les formes sont plus sensuelles, plus épurées.

Son tombeau, KV35, est découvert en 1898 par Victor Loret. La conception architecturale du tombeau établit les éléments de base d'un plan qui se poursuivra tout le reste des XVIIIe et XIXe dynastie. Dans ce tombeau seulement la chambre funéraire est décorée, la plupart du temps avec des motifs copiés sur la tombe KV34 de son père. Les murs sont parés de frises avec des scènes de l'Amdouat et ses piliers sont embellis de représentations du Roi devant les Dieux Osiris, Hathor et Anubis. Ce tombeau servit de cachette pour des momies à la fin de la XXe dynastie. Il en contenait plus d'une douzaine, dont certaines de Rois du Nouvel Empire. Elles furent cachées là, sous Pinedjem I (1070-1054, XXIe dynastie), par les autorités Thébaines, afin de les préserver des pilleurs de tombes très nombreux à cette période. Cette cache représente la deuxième cachette royale avec celle de Deir el-Bahari. On trouve notamment les momies des Rois : Amenhotep III, Mérenptah, Ramsès IV, Ramsès V, Ramsès VI, Séthi II, Siptah et Thoutmôsis IV. D'autres restes ont aussi été trouvés dans la tombe, ainsi que des vestiges du mobilier funéraire d'Amenhotep II. Outre le sarcophage du Roi avec sa momie encore en place on a découvert le coffre à vases canopes en albâtre.

 

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