Echelle sociale

Sa place dans la société

Au Vè siècle avant Jésus-Christ, Hérodote est le premier à évoquer l’existence de sept classes sociale en Egypte. Les métiers se transmettent de manière héréditaire et finissent par constituer des classes ou des castes bien différenciées.

Echelle sociale dans l'Egypte antique

La famille royale

La première classe sociale en Égypte n’est autre que Pharaon et la famille royale. D’essence divine et souvent représenté tel un dieu, pharaon est en aucun cas assimilable aux autres catégories sociales. La famille royale qui gravite autour de lui bénéficie de nombreux privilèges. Petit à petit certains parents du roi se voient confier des charges importantes et c’est ainsi qu’apparaît une classe de fonctionnaires.

Les fonctionnaires

Le titre de fonctionnaire dans l'Égypte antique apparaît pour la première fois sous la Ière dynastie. Il semble que certaines fonctions soient particulièrement enviées, comme celles de vizir, gouverneur ou (nomarque), d’officier de bouche, secrétaire du roi et même porteur de l’éventail à la droite du roi. La fonction la plus prestigieuse est sans aucun doute celle de grand prêtre d’Amon. Ils célèbrent les cultes à la place de pharaon. Les prêtres sont très respectés. Ils savent lire et écrire et sont attachés à un temple. Leur charge se transmet de père en fils.

Représentation du grand prêtre dans la tombe de Nefer-Ronpet de la XIIIè dynastie  Statue de prêtre en position de prière - Musée du Louvre

Quelques officiers et courtisan issus de bonne famille, pouvaient occuper des postes-clés. Sous la IVè dynastie, ce sont les frères, les cousins et les fils du roi qui monopolisent la fonction de vizir. Le pharaon peut tout aussi bien accorder le titre de vizir à un particulier et le promouvoir à une des plus hautes charges de l’état. Sous le Nouvel Empire à la fin de l’époque ramesside, la structure sociale des riches familles de provinces accroit leur importance. Elles ont des droits sur certains postes à responsabilité de l’état et du clergé. Elles possèdent de riches villas et de nombreux serviteurs.

Scène de banquet dans la tombe du vizir Ramose - XVIIIè dynastie  Le gouverneur Sennefer et son épouse Meryt - tombe des nobles - XVIIIè dynastie

Les scribes composent la cinquième classe sociale égyptienne. Ils sont formés dès leur plus jeune âge à la lecture, l’écriture hiéroglyphique ainsi qu’à la copie de textes anciens. Ils complètent leur éducation par des notions de géographie, de sciences et de langues étrangères. Au terme de leur apprentissage, vient la spécialisation dans un domaine particulier : l’administration ou l’armée. Les scribes avaient un rôle important, sachant lire et écrire les hiéroglyphes, ils rédigent les lois, mesurent les champs, collectent les impôts, tiennent à jours les registres du trésor royal. Ce sont des fonctionnaires.

relief mural du Mastaba d'Akhethotep - Ancien Empire, Vè dynastie - Nécropole de Saqqara.  Statue du scribe Petamenhotep - XXVIè dynastie

Les artisans

Les membres de cette classe : Architectes, sculpteurs, orfèvres, peintres, ébénistes, vanniers…ils ont la particularité de vivre entre eux dans des villages construit à leur intention tout autour des grands chantiers royaux. La majorité travaillait pour les ateliers des palais royaux ou des temples. Artistes et artisans tiennent une place prépondérante dans la société égyptienne, qui accorde beaucoup d’importance à la décoration d’intérieur et à l’art funéraires. Ils sont payés uniquement en nature sous forme de vivres ou de bois de chauffages. La journée se déroule en deux phases, les artisans et les ouvriers travaillent quatre heures avant de déjeuner et de faire la sieste au moment le plus chaud de la journée, pour travailler à nouveau quatre heures avant la tombée de la nuit.

Peinture murale représentant des artisans, provenant de la tombe de Nebamon et Ipouky - XVIIIè dynastie  Statuette de bois polychrome représentant un potier égyptien -  Gizeh Vè dynastie

Les paysans

Tout comme les artisans, les paysans vivent entre eux et en famille dans des villages dirigés par un conseil. Leur vie particulièrement éreintante est rythmée par le Nil surtout au moment de la crue lorsqu’il faut entretenir les canaux assurant l’irrigation des terres. Les paysans s’acquittent de leur redevance en reversant la moitié de leur récolte au trésor royal. On battait les paysans qui ne payaient pas leurs impôts. Ils vivent dans l’angoisse permanente d’une famine provoquée par de mauvaises récoltes. La majorité des paysans ne possèdent pas d’animaux domestiques. Les plus favorisés ont un âne, une chèvre ou un bœuf, quelques volailles et parfois un petit lopin de terre pour cultivés des légumes. Les familles s’invitent mutuellement autour d’un ragout ou de galettes farcies aux oignons et aux fèves.

Paysans s'adonnant aux travaux d'agriculture - tombe de Menna -XVIIIè dynastie  Maquette d’araire avec deux hommes et deux bœufs - Moyen Empire

Les militaires

C’est sous le Nouvel Empire que cette nouvelle classe sociale émerge créant une véritable armée de métier dont certains éléments réussiront à monter dans l’échelle sociale. C’est surtout au sein de cette nouvelle classe militaire que la promotion sociale est fréquente. Au tout début de la XVIIIè dynastie, Ahmose fils d’Abana simple soldat, reçoit des terres et des biens en récompense de son courage face à la lutte contre les Hyksôs. Il en va de même pour Sénènmout qui semble avoir été un simple soldat avant de devenir un proche et amant de la reine-pharaon Hatchepsout. Ramsès Ier, le fondateur de la XIXè dynastie, ainsi que les pharaons suivant sont aussi issus de cette caste militaire.

Soldats de l'armée d'Hatchepsout - XVIIIe dynastie - Deir el-Bahari  Modèle de soldats provenant de la tombe de Mesehti, nomarque de la 11e dynastie - Assiout

Les esclaves et serviteurs

Entre serviteurs et esclaves la différence reste mince. Si les serviteurs ont la possibilité de quitter le service de leur maître, les esclaves quand à eux ne peuvent prétendre à cette liberté. Il arrive quelques fois que le maître affranchisse sont esclave et qu’a l’inverse, un serviteur libre soit obligé de se ventre pour échapper à la misère. Pour un comme pour l’autre, leur sort n’est guère enviable. Les serviteurs travaillant dans de riche domaine ou ils ont des taches bien précises pour lesquelles ils sont rémunérés. Outre l’entretient de la maison ou employer en cuisine, les serviteurs ont d’autres charges tel que les oubaou, échansons chargés de la table, les écouteurs, métier qui consiste à attendre l’appel du maître, les shemsou, chargés d’accompagné le maître dans ses sorties.

Peinture de jeunes filles en service - tombe de Rekmirê  Scène de toilette représentant deux jeunes servantes et leur maîtresse - tombe de Djeserkaraseneb

La société égyptienne compta peu d'esclaves jusqu'au Nouvel Empire. Les chercheurs pensent que 80% de la population de l'Égypte ancienne était des paysans ou des esclaves. Les esclaves que l’ont nomme hemou ou bekou sont d’origine étrangère. Il s’agit le plus souvent de prisonniers de guerre. Ils font parti du cheptel royal et peuvent êtres vendu ou échanger comme de la marchandise. Lorsqu’un enfant naît d’une esclave, celui-ci lui est retiré et peut être vendu à don tour. Le maître peut louer ses esclaves ou les léguer à ses héritiers. Si un esclave est en fuite, il est systématiquement rechercher par la police. Tout comme les serviteurs, ils subissent de la même manière les bastonnades et les remontrances de leurs maîtres insatisfaits. Les prises de guerre féminine sont très recherchées. Les plus belles sont placées dans les harems de pharaons, tandis que les autres  sont disséminées dans les maisons les plus huppées de la cour et dans les temples afin de devenir danseuses, chanteuses, musiciennes ou simple servantes. Il arrive parfois que certains esclaves soit affranchis soit pour bon et loyaux services, soit grâce a leur mariage avec une personne libre. Ils peuvent acquérir des terres avec l’assentiment de leur maître.

Comptage de prisonniers nubiens - XVIIIe dynastie - Musée archéologique de Bologne.  Figurine d'un esclave sémitique de l'Egypte ancienne

La savante (voyante)

La voyance existe depuis bien longtemps dans la culture égyptienne. Cet art divinatoire qui consiste à décrypter l’avenir à été savamment pratiqué en Égypte pendant des sièclesLes égyptiens avaient recours à une femme, qu’ils appelaient rekhet « celle qui sait », sorte de voyante de village qui interprète les manifestations divines. Les égyptiens considéraient la maladie et le mécontentement d’un dieu comme les deux causes à un malheur. Ils faisaient donc appel aux services de la savante ; « applique toi à chercher une voyante, et tu interrogeras la manifestation [baou] qui est dans (…) femme, car (…) c’est la manifestation de Thouéris, dame du ciel (…) agir contre elle à son sujet. D’autre part tu te rendras chez la voyante (…) des yeux (…) l’interroger [le baou] pour moi (…) et tu lui [à la voyante] demanderas : la manifestation (…) pourquoi ? Et tu ne cesseras de (…) interroger pour moi. » Autre que devineresse, elle était aussi guérisseuse. Un mythe d’époque tardive montre comment Horus, le fils d’Isis, malade, est guéri par la voyante du village.

Le baou est une manifestation des dieux ou des défunts qui est apparenté au ba, une entité mobile qui après la mort, pouvait se promener entre l’au-delà et le monde des hommes.

 

 

 

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