Tanis

Tanis est l’un des sites les plus prestigieux du delta oriental. Le pharaon Smendès, premier roi de la XXI è dynastie, choisit d’y implanter sa capitale, et s’y fit enterrer. Tanis rayonne jusqu’à la fin de l’indépendance égyptienne, supplantée peu à peu par Saïs, puis par Alexandrie.

Carte de tanisLorsque le site fut mis au jour, on trouva plus de reliefs, de statues et d’inscriptions relatifs à Ramsès II que ceux consacrés aux pharaons qui ont effectivement régné, plus de cents ans plus tard. Les successeurs des Ramsès, qui ont abandonné la ville à la suite d’un déplacement du fleuve, ont tout simplement réutilisé la pierre de l’ancienne cité pour construire les temples et les palais de Tanis.

La ville est l’une des plus élevées de la région : construite au sommet d’un tell qui mesure environ trois kilomètres de long sur un et demi kilomètres de large, sa surface couvre près de quatre-vingts hectares, et elle culmine à une altitude de trente-deux mètres. Ces dimensions assez exceptionnelles traduisent l’importance dont jouissait Tanis dans l’antiquité.

Image satellite des maisons et rues de tanisElle était à la fois un port desservant l’ancienne capitale ramesside, mais aussi une métropole prospère. Les fouilles de maisons ont livré divers aménagements liés à la vie quotidienne, comme des fours à pain, des fours à poterie ou des pigeonniers. Sa position stratégique fait d’elle le point de passage obligé des voies commerciales du delta et avec les pays étrangers. Les constructions se développent, et le temple d’Amon en est le plus bel exemple.

Champs de ruines de tanis 1Les pharaons de Tanis ont tenu à reproduire dans le delta le grand complexe d’Amon, existant dans le sud, pour s’assurer le contrôle des populations d’artisans de la région. Pour l’légitimer leur pouvoir, les souverains adoptent des titulatures qui les rapprochent des grands pharaons thébains. Le temple est en tout point identique à celui de Karnak. Au centre de la cité, se trouvent les temples de la triade divine, Amon, Mout et Khonsou, un lac sacré et des dépendances. La porte monumentale fut décorée sous le règne de Chéchonq III (825-773 av. J.-C.). Plusieurs statues de Ramsès II ont été réutilisées pour embellir l’entrée du sanctuaire. Le souverain y fit graver son propre nom, se substituant par là au grand pharaon.

Dans la première cour du temple, un petit kiosque reprend des éléments appartenant à un temple de l’ancien empire qui furent démontés et réutilisés sous la XIXè dynastie. Dans la deuxième cour, deux statues colossales représentent Ramsès II enfant, nu, accroupi devant le dieu cananéen Horon. Autre statue intéressante, un sphinx au portrait du pharaon Amenemhat III, qui porte le cartouche du souverain Hyksôs, Néhésy, puis par Ramsès II qui le plaça dans sa capitale de Pi-Ramsès, avant qu’il soit réutilisé à Tanis par Psousennès Ier, qui y ajouta son propre nom.

Temple d amon a tanisDes temples s’élèvent aussi à l’extérieur de l’enceinte de Psousennès Ier. Il s’agit du temple d’Horus et celui dit « temple de l’Est » commencé sous Psousennès Ier.

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